de l'intérieur d'une communauté

Quels que soient les groupes sociaux, on ne voit souvent d'eux que la partie « marketing ». Celle qui est bien présentable et que l'on souhaite mettre en évidence, au mépris souvent de la réalité. Ce blog, qui se revendique comme un blog d'information, va tenter de présenter la vie de la communauté hellénique de Lyon par ceux qui la vivent de l'intérieur.
J'ai connu deux hommes qui ont dignement représenté la communauté hellénique : monseigneur Vlassios et le père Athanase Iskos. Ils n'ont jamais eu à rougir de ce qu'ils ont fait ou dit et ont laissé une communauté respectée et respectable. Le contraste pourra paraître saisissant entre les 50 ans qui viennent de s'écouler et ce qui se passe depuis plus de six ans, mais si l'on veut rester fier de ce que l'on est, il ne faut pas hésiter à prendre ses distances lorsque ce que l'on voit s'éloigne de nos idéaux.
Dans un premier temps, je vais raconter une histoire au travers de courriers échangés et de documents, qui seront tous reproduits. Dans un second temps, je débattrai autour des questions qui seront posées à mon adresse mail : jeanmichel.dhimoila@gmail.com .
La communauté hellénique de Lyon étant une association cultuelle, loi 1905, les références au culte seront nombreuses et indispensables pour comprendre le sens de ce qui est recherché, et malheureusement parfois ses dérives.

Bonne
lecture à tous

jeudi 11 octobre 2012

61- Croyant mais pas pratiquant



Avez-vous déjà lu les canons des 7 conciles œcuméniques ? Je suppose que vous me répondrez tous que non. Eh bien, même si je ne les ai pas lus moi-même, nous avons tort. Les canons des conciles sont comme les conditions générales de votre opérateur de téléphonie mobile : c'est quand vous rencontrez une difficulté que vous découvrez ce qu'elles contiennent ; c'est quand votre appareil tombe en panne que vous découvrez les limites des extensions de garantie.

Les chrétiens non orthodoxes qui deviennent orthodoxes s'engagent, tout au début de l'office de la réception dans l'orthodoxie, à suivre l'enseignement des Pères de l’Église et à respecter les canons des Saints Conciles, mais personne n'a jamais lu ces canons. Il est d'ailleurs probable que beaucoup d'évêques non plus ne les connaissent pas, eux qui ont parfois du mal à se souvenir qui a écrit l’Évangile. 

C'est d'ailleurs parce que vous n'avez jamais lu les canons que vous croyez facilement votre évêque ou votre prêtre qui vous dit, le dimanche de l'orthodoxie (premier du grand carême), que le 7ème concile avait pour but de rétablir le culte des icônes.

En fait, le 7ème concile ne parle des icônes que dans son texte préambule. Aucun des 22 canons de ce concile n'y fait référence. Et devinez de quoi parlent les 22 canons du 7ème concile ? Du rôle des clercs : évêques, prêtres et moines. Et force est de constater que ce ne devait pas être la grande confiance envers eux à la sainte époque des saints pères des saints conciles !

Le sixième canon prévoit, par exemple, l'obligation de réunir une assemblée générale une fois par an. Il prévoit même que soit appliqué à celui qui ne le fait pas des peines canoniques.

Le second canon dit, toujours par exemple, que l'évêque ne peut pas être ordonné s'il ne s'engage par écrit à respecter les canons. Donc la parole d'un évêque, qui nous est parfois abusivement présentée comme celle du Christ lui-même, n'avait aucune valeur pour les Pères de l'époque : ce qu'il disait ne valait rien, il fallait qu'il l'écrive pour pouvoir le lui ressortir par intermittence !

Le quatrième canon, lui, rappelle que l'évêque doit s'abstenir de tout commerce. Et s'il était interdit à l'évêque d'acheter et vendre, à combien plus forte raison lui était-il interdit de vendre les sacrements qu'il dispense, comme nous pouvons le voir dans notre paroisse de Lyon.
 
Mais c'est la fin de ce quatrième canon qui me frappe le plus et je vais le reproduire ici :
Si donc quelqu'un [l'évêque puisque étant le seul à avoir des clerc qui dépendent de lui, comme évoqué ci-après], exigeant de l'or ou quelque autre espèce ou bien pour satisfaire sa passion, se trouve avoir prononcé la suspense ou l'excommunication contre un clerc dépendant de lui, ou jeté l'interdit contre une Église, de manière à ce qu'aucun service divin ne s'y fasse, déversant ainsi sa folie contre des choses privées de sens, un tel est lui-même privé de sens et subira la loi du talion et sa peine retombera sur sa tête, parce qu'il est transgresseur de la loi de Dieu et des ordonnances apostoliques.

L'excommunication utilisée comme moyen de chantage est décrite très clairement comme folie. Une folie que seul subit celui qui en est l'auteur puisqu'elle retombera sur sa tête. Et de rappeler cette loi divine :
Pierre, le chef suprême des apôtres, nous exhorte « Faites paître le troupeau qui vous est confié, non par la contrainte, mais de bon gré, selon la volonté de Dieu, non pour un gain sordide, mais par dévouement, non en dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en vous rendant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous remporterez la couronne inflétrissable.»


Une bien belle phrase sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir dans d'autres messages.

L'excommunication ne peut venir que de l'évêque. Jamais d'un prêtre. Les canons n'envisagent même pas que cela soit possible. Et même l'évêque qui excommunie est considéré comme fou si sa justification est indigne. 

Je n'ose imaginer ce que diraient les Pères des Conciles que nous vénérons s'ils savaient qu'à Lyon, en 2012, un prêtre se permet d'excommunier tous les paroissiens qui se plaignent un peu, même d'honorables vieilles dames, et qu'il vient même d'engager une action en justice contre eux. Nous reviendrons vraisemblablement sur cette action en justice dans la prochaine série de messages.

L'évêque n'est pas Dieu. Il n'est qu'un témoin de la Vérité. Et s'il s'éloigne de la vérité, alors il n'est plus qu'une coquille vide. 

Un évêque représente le Christ. Mais qui est le Christ, si ce n'est la Parole par laquelle tout est créé ? Saint Jean ne le décrit-il pas comme étant uniquement Parole divine (Logos) ? À quoi servirait un évêque qui garderait le silence pour se protéger ? Si la parole est à l'image du Christ, de qui le silence est-il l'image ? 

Il est souvent arrivé, dans l'histoire, que des moines ayant une vie particulièrement édifiante se voient pressés de devenir évêques par les habitants alentours. Les plus sages étaient unanimes à fuir cette responsabilité pour ne pas avoir à perdre le silence dans lequel ils trouvaient la paix ; ils étaient unanimes à redouter de perdre ce silence pour devenir messagers de la Parole. Mais lorsqu'ils acceptaient la charge d'évêque, alors le temps du silence était terminé et les enseignements qu'ils ont donnés font aujourd'hui partie des trésors de l’Église.

J'entends souvent, depuis le début des problèmes qui ont été manifestés avec le père Nicolas, que l'évêque ne le soutiendrait pas. Une rumeur qui s'est renforcée ces derniers jours. Mais à quoi sert un évêque qui, par son silence, est le premier responsable des problèmes que nous rencontrons ? À quoi sert un évêque qui s'est rendu complice des falsifications qui ont poussé la Préfecture du Rhône a saisir le Procureur contre nous pour des faux et usage de faux ? À quoi sert un évêque qui continue à se taire, malgré toutes les rumeurs disant qu'à la Métropole, plus personne ne soutient le père Nicolas ?

Face à de nombreux problèmes où l'évêque refuse d'intervenir malgré le fait qu'il est obligatoirement conscient qu'il s'agit de sa toute première responsabilité envers son Église, on ne peut constater qu'une chose : il est croyant mais pas pratiquant.

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